Gérôme B.

"La littérature est l'essentiel ou n'est rien." Georges Bataille

31 mars 2007

Disgrâce, Coetzee.


Je ne pense pas que le concept de bouc émissaire soit celui qui convienne le mieux. La pratique du bouc émissaire a marché tant qu'elle avait le soutien du pouvoir religieux. On mettait les péchés de la cité sur le dos du bouc: on le mettait hors les murs, et la cité se trouvait purifiée. Cela marchait parce que chacun savait décoder le rite, y compris les dieux. Et puis, les dieux sont morts, et tout d'un coup il a fallu purifier la cité sans l'aide des dieux. Il fallait des actes, pas du symbolisme. C'est alors qu'est né le censeur, au sens que les Romains donnaient au terme. Le mot d'ordre devient alors la surveillance - la surveillance de chacun par tous. La purge a remplacé la purgation.

Pages 116 & 117.


Convient-il de pleurer la mort d'êtres qui ne marquent pas le deuil de leurs semblables ?

Page 161.


Si les vieillards confisquent les jeunes femmes, quel sera l'avenir de l'espèce ? Voilà, au fond, le chef d'inculpation. C'est le thème que traîte une bonne moitié de la littérature: des jeunes femmes qui se débattent pour échapper aux vieillards qui les écrasent sous leur poids, une lutte pour sauver l'espèce.

Page 239.



J. M. Coetzee, Disgrâce, trad. Catherine Lauga du Plessis, éditions du Seuil coll. "Points", Mesnil sur l'Estrée, 2001 (1999), page 239. Prix Nobel de littérature, 2003.

disgrace

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28 mars 2007

Les barbares, Yasmina désabusée.


Yasmina ne comprend pas. En fait, elle est indignée. Les jeunes qu'elle a vus mardi soir défier les policiers gare du Nord sont
comme elle. Principalement issus de l'immigration et habitant en cité. Yasmina est une jeune femme de 23 ans originaire de Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis. Elle travaille près de la gare du Nord comme assureur. Mardi, comme tous les jours, elle allait reprendre son RER B pour rentrer.
"Il était environ 18 heures, des policiers étaient en train d'établir un périmètre de sécurité. L'un d'entre eux nous a informés
qu'un contrôle avait mal tourné, qu'un homme s'était rebellé et des jeunes avaient pris sa défense, raconte Yasmina. Il y a eu
des jets de pierre, ils ont élargi le périmètre de sécurité... Les CRS essayaient de bloquer les émeutiers qui formaient des
petits groupes". La jeune femme dit avoir vu des mineurs, beaucoup de mineurs. Et des filles. "Ils avaient des sacs avec eux, ils devaient rentrer de cours. Ils ont rapidement mis leurs capuches ou des fringues autour de la tête pour se cacher. Les insultes fusaient, principalement à base de 'Sarko, on t'encule'. Et puis, ils n'ont pas voulu se laisser encercler alors ils ont balancé ce qu'ils trouvaient : un panneau de signalisation, notamment."
Yasmina a été révoltée de voir des voyageurs prendre la défense des émeutiers. "Il y avait notamment un homme d'une cinquantaine d'années qui engueulait les policiers leur reprochant leur violence, je ne sais pas s'il se rend compte de la situation. Les jeunes étaient comme des enragés. J'ai assisté à une interpellation, le mec se débattait, c'était violent. Il aurait fallu que les policiers restent là sans rien faire ?"

"Ces jeunes sont loin d'être cons ou désorganisés"

"C'est révoltant de voir qu'une poignée de jeunes fassent la loi dans un pays comme le nôtre. Quand on utilise les transports urbains on achète un ticket, il est normal que les agents faisant leur travail demandent les titres de transports aux usagers."
Et à ceux qui "cautionnent", j'ai envie de dire : "demandez vous à quoi ressemblerait votre vie et votre France si les forces de l'ordre n'étaient pas là ?"

Outrée, Yasmina est outrée. "Je ne comprends pas qu'on continue à défendre ces jeunes, leur trouvant des prétextes bidons du style 'Ils sont black, beurs et étrangers, ils sont rejetés et opprimés". "Je vis dans les mêmes conditions qu'eux, explique la jeune femme. J'ai grandi et vis toujours dans une cité. Je suis d'origine algérienne, j'ai quatre frères et soeurs mais ma mère nous a élevés seule. Seule car mon père est décédé. J'ai eu un cursus normal : un bac, la fac, une école".
Ces jeunes, elle les connaît bien. Pour avoir été animatrice dans un centre de loisir, pour avoir fait du bénévolat dans une
maison de quartier. "Depuis qu'ils sont petits, c'est dans leur tête que la police est l'ennemi numéro 1". Yasmina dit avoir pu en "sauver" quelques uns mais que d'autres sont "irrécupérables". "Ces jeunes sont loin d'être cons ou désorganisés, ils ont
compris qu'en France on peut vivre sur le dos des autres et en toute impunité, dit-elle sans ménagement.
Quand j'étais petite, les miens disaient toujours : 'si tu vas au commissariat, tu n'es plus mon fils, tu n'est plus ma fille". Alors que font les parents de ces jeunes dans l'histoire ?"


Via TF1.

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27 mars 2007

Vie quotidienne.

Sentant poindre les soucis financiers, cet après-midi (après avoir posté la demande d'APL me permettant de toucher les 33 euros mensuels d'obole citoyenne et solidaire) je suis passé à la mairie de la ville où nous habitons afin de me renseigner sur l'opportunité d'un travail contractuel de quelques mois dans la commune au sein du service culturel, des bibliothèques ou autre...

La femme regarde mon C.V. après quelques hésitations, elle me regarde et me dit:

En ce moment il n'y a pas grand chose, vous pouvez peut-être demander à entrer aux espaces verts à mi-temps et pour un mois cet été...

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26 mars 2007

En attendant les barbares, Coetzee.

 

Il vaudrait mieux que ce chapitre ténébreux de l'histoire du monde soit terminé tout de suite, que ces peuplades sans beauté soient gommées de la surface de la terre et que nous jurions de repartir de zero, de gouverner un empire où n'existeraient plus ni injustice ni souffrance. Qu'est-ce que cela coûterait de les faire marcher jusq'au désert (en leur enfournant peut-être d'abord un peu de nourriture dans le ventre, pour que la marche soit possible), de leur faire creuser, avec ce qui leur reste de forces, une fosse assez large pour qu'ils puissent tous s'y étendre (on pourrait même la creuser pour eux !), de les abandonner là, enterrés pour l'éternité, et de revenir à la ville ceinte de murs, animés d'intentions et de résolutions nouvelles ? Mais cette voie ne sera pas la mienne. Ce sont les hommes nouveaux de l'Empire qui croient aux commencements immaculés, aux nouveaux chapitres, aux pages blances ; je continue tant bien que mal l'histoire ancienne; espérant qu'elle me révélera avant de s'achever ce qui a pu me faire croire qu'elle en valait la peine.

J. M. Coetzee, En attendant les barbares, trad. Sophie Mayoux, éditions du Seuil coll. "Points", La Flèche, 2000 (1981), pages 43 & 44.

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24 mars 2007

Film à voir.

 

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La découverte du moment

Je suis pas très "produits bio" mais là, rien à dire. Cette pierre (connue depuis l'antiquité) est très efficace.

L'article wiki:


L'alun (du grec als, alos: le sel) est un sulfate double d’aluminium et de potassium. On l'emploie entre autres comme mordant pour la teinture du tissu. Extrait dans diverses régions, notamment près de Phocée, en Asie Mineure.

Il est entre autres utilisé comme coagulant dans le traitement de l'eau potable. Il est aussi utilisé comme déodorant (pierre d'alun), sa composition annulant les odeurs de sueur pendant de nombreuses heures, sans couper la transpiration. Il a également été utilisé pour apaiser la sensation de feu après l'utilisation d'un rasoir mécanique. Il semblerait d'ailleurs, d'après certains professionnels, que l'utilisation de l'alun permettrait de refermer les pores de la peau après le rasage et par la même occasion d'éviter les effets de poils incarnés.

Elle s'utilise à l'eau froide en la passant lentement sur les zones à raser avant ou après le rasage.



Source

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